The Garden Series #3

Paul Lahana : Teatro Garden

09/06 – 16/06/2017, Bois-Colombes, Paris, France

Curateur : Jacques Heinrich Toussaint

 

  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline
  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline
  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline
  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline
  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline
  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline
  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline
  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline
  • Paul Lahana, Teatro Garden, 2017
    anemptytextlline

 

Curate It Yourself a le plaisir d’annoncer « The Garden Series », une série d’expositions en plein air qui se tiendront à intervalles irréguliers dans la petite couronne parisienne.

Dans un jardin privé, lieu discret et inattendu, CIY présentera des projets qui questionnent les frontières entre espace privé et espace public en allant à l’encontre de la perspective habituelle. L’idée d’espace public a été fortement affaiblie dans les dernières décennies par la restructuration majeure à laquelle a été soumis le rapport entre privé et public, sous la pression d’un agenda d’investissement néolibéral, mais aussi par la digitalisation et la montée des médias sociaux.

Pour la troisième session de « The Garden Series », Paul Lahana conçoit une installation site-specific constituant le prolongement idéal de la présentation éphémère qu’il a réalisé lors de sa residence à Casa Wabi (Puerto Escondido, Mexique) en 2016.

Partiellement visible depuis la rue, l’exposition se dévoile au visiteur franchissant l’oeuvre En vue de rénovation, un let d’échafaudage jaune et blanc qui renvoie à des travaux sur le bâtiments, à un chantier en cours. Mais il n’est pas question de rénovation ici, il n’y a pas des travaux sur le bâtiment derrière le rideau, qui annonce plutôt une reconfiguration spatiale et intellectuelle de l’espace et de sa valeur d’usage de jardin privé, ouvert au public le temps d’une semaine.

Les Accessoires (trophées) sont agencés le long du premier étage de la façade du bâtiment comme les éléments d’un décor surréaliste. Constitués de bois de peuplier, de Batipin et de tendeurs, ces sculptures aux silhouettes souples ne cachent pas ce qui se trouve derrière, comme c’est le cas de publicités qui recouvrent les façades en chantier, mais affirment leurs propre formes à travers la répétition du même principe esthétique, se poursuivant au rez-de-chaussée avec Les Acces- soires (buissons). Formés par des silhouettes en bois présentées en couples, ils sont montrés au sol et appuyés aux persiennes.

Les Accessoires (château), sculpture en plusieurs éléments, joue les synonymes et les contraires avec les œuvres qui décorent la façade : des formes fluides sont découpées dans des panneaux de polystyrène extrudé rectangulaires (donc, dans un certain sens, elle sont bien absentes) présentées en structure de château de cartes. Si l’exposition était une scène, cette sculpture en serait le décor de fond.

Les Accessoires (pièce montée) reprend les éléments (manquants) découpés dans Les Accessoires (château), dans une accumulation en verticale sur laquelle est coulée du ciment de façon pâteuse. Si les formes en polystyrène apparaissent légères, en équilibre quasi-précaire, le ciment pérennise les formes découpées, englobant dans l’œuvre le matériau qui habituellement sert à donner la forme à la coulée de la sculpture.

Le gran finale d’une oeuvre de théâtre réunit généralement tous les protagonistes sur scène, Paul Lahana renonce à reprendre les éléments desquels il s’est servi dans le reste de l’exposition, citant plutôt ce qui aurait pu être présenté mais ne l’est pas. L’application Teatro Garden, présentée sur son téléphone, permet au visiteur d’observer sur l’écran l’espace d’exposition dans une configuration différente et dans laquelle apparaissent exclusivement les panneaux en bois à partir desquels l’artiste a découpés les formes de Les Accessoires (trophées et buissons). Cette inflexion dans le domaine du digitale permet d’élargir le champ de l’exposition, pas en opposition au réel, mais en dialogue avec les œuvres présentées.

Les formes souples, quelque fois sinueuses, qui peuplent l’exposition sont obtenues utilisant des matériaux comme le let d’échafaudage, le bois en plaques et le ciment, d’une manière légère et gracieuse. Ce qui en ressort est le contraste entre l’univers auxquels ces matériaux font référence, la fragilité des œuvres et le caractère provisoire de l’accrochage. C’est dans l’avilissement de ces antithèses apparentes que Paul Lahana réussit dans un véritable coup de théâtre.