The Garden Series #2

Martin Monchicourt : – Hors d’eau

10/07 – 17/07/2016, Bois Colombes, Paris, France

Curateur : Jacques Heinrich Toussaint

 

  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline
  • Martin Monchicourt, Hors d'eau, 2016
    anemptytextlline

 

Curate It Yourself a le plaisir d’annoncer « The Garden Series », une série d’expositions en plein air qui se tiendront à intervalles irréguliers dans la petite couronne parisienne.

Dans un jardin privé, lieu discret et inattendu, CIY présentera des projets qui questionnent les frontières entre espace privé et espace public en allant à l’encontre de la perspective habituelle. L’idée d’espace public a été fortement affaiblie dans les dernières décennies par la restructuration majeure à laquelle a été soumis le rapport entre privé et public, sous la pression d’un agenda d’investissement néolibéral, mais aussi par la digitalisation et la montée des médias sociaux.

Dialogue entre l’artiste Martin Monchicourt et Jacques Heinrich Toussaint, curateur de l’exposition.

JHT – Quelle a été ta première impression quand nous t’avons demandé de proposer un projet ? Y a t’il des éléments particulièrement stimulants pour toi dans l’exposition en plein air ?

MM – D’abord j’ai été très surpris par cette proposition, vu l’activité de CIY je m’attendais plutôt à une exposition collective. J’ai été très content de cette opportunité, même si le délai était plutôt court et forcement cela m’a mis un peu de pression. Mais en réalité tout c’est bien passé, cette situation m’a poussé à réaliser des pièces auxquelles je pensais depuis longtemps.

JHT – Pourrais-tu m’expliquer comment la spécificité du site de présentation a influencé la conception et la réalisation de ces pièces?

MM – Ce qui est drôle c’est que j’ai l’impression de répondre au lieu, de faire quelque chose in situ, avec des idées qui trottinent dans ma tête depuis longtemps en réalité. Ça a précisé des choses, je pense que je pourrais exposer les pièces dans un autre contexte, mais ici elle correspondent vraiment bien à l’environnement. Après, je dois admettre que probablement, je vais réellement comprendre les œuvres que dans quelques années. L’interprétation complète va mûrir avec le temps. Quand je commence á travailler sur une pièce, j’ai souvent une impression initiale, quelque fois un concept, mais après ça, elle se développe quand je la digère, et cela peut se passer bien après le moment de l’exposition !

JHT – Il y dans ton travail, me semble-t-il, un intérêt récurrent pour le domaine de l’architecture, pour le bâtiment de façon particulière, pourrais-tu m’en parler ?

MM – En effet mon travail a toujours été orienté vers le bâtiment. Ça vient de mon ancien métier, j’étais charpentier. J’ai étudié la charpenterie et la menuiserie et après j’ai fait une formation dans la charpenterie. Terminée cette formation, j’ai travaillé cinq ans dans une entreprise. J’ai donc pratiqué la construction de bois pendant neuf années, cela se reflète manifestement dans mon travail artistique.

JHT – Et ça s’est passé comment le passage aux études d’art ?

MM – En fait j’étais et je suis toujours très intéressé par le design, et pendant mon année de préparation il s’est avéré que mon travail s’est développé dans une direction qui est vraiment à cheval entre art et design. J’ai donc postulé dans différentes écoles de design et seulement une école de beaux arts. Évidemment, j’ai été pris à l’École des Beaux Arts de Paris et j’ai étudié dans les ateliers Penone et Brughera.

JHT – Je trouve très intéressant que dans ton travail d’un coté tu acceptes très souvent le matériel de production dans sa forme « originale », tels que tu peux le trouver au Castorama ou au Leroy Merlin, de l’autre les procédés de transformation, qui relèvent souvent d’une grand complexité et d’un grand savoir faire, restent toujours clairement identifiables. Tout cela est transparent dans un certain sens.

MM – Ça c’est quelque chose dont j’avais pas mal parlé lors de l’exposition Chers Objets l’année passée (organisée par les étudiants du Master professionnel L’art contemporain et son exposition de l’Université Paris IV à Immanence et au Réfectoire des Cordeliers) et qui est en effet, très importante dans ma recherche artistique. Mon travail met en relation le savoir faire artisanal avec l’univers industriel. Les pièces que je vais présenter dans cette exposition, par exemple, font référence à des produits industriels tandis que la technique de production est artisanale, il y a une tension virtuose qui se crée entre ces pôles.